Home A la une Genève : Une suissesse porte plainte pour viol contre Tariq Ramadan

Genève : Une suissesse porte plainte pour viol contre Tariq Ramadan

254
0
Partager

L’islamologue aurait séquestré une femme dans un hôtel du bout du lac, en 2008. Le document décrit une nuit d’horreur.

Une nouvelle dénonciation vise Tariq Ramadan, qui fait déjà l’objet de trois plaintes pour viol en France et d’une pour agression sexuelle aux Etats-Unis. C’est de Suisse qu’émane vendredi une cinquième plainte, déposée auprès du Ministère public genevois, révèle la «Tribune de Genève». Une Suissesse accuse Ramadan (toujours écroué en France) de séquestration, contrainte sexuelle et viol avec la circonstance aggravante de la cruauté. Les faits se seraient déroulés en 2008, soit avant ceux décrits dans les autres plaintes.

Dans un document que le quotidien a pu consulter, la victime, âgée d’une quarantaine d’années à l’époque des faits, décrit une nuit d’horreur et des contraintes sexuelles qui auraient duré des heures.

«Coquine»

Musulmane convertie, cette Suissesse appréciait l’islam «non-patriarcal» défendu par Ramadan et son «côté tiers-mondiste et humaniste». Elle s’est rendue, en septembre 2008, à une conférence de l’islamologue. Dès lors, ils ont correspondu par Facebook et MSN. Leurs échanges étaient plutôt personnels, Tariq Ramdan l’ayant notamment traitée de «coquine», ce qui a séduit la quadragénaire.

Les faits ayant conduit au dépôt de plainte auraient eu lieu quelques semaines après cette première prise de contact. Avant une conférence, la victime présumée et Ramadan doivent se voir pour un café, que la femme finit par annuler, avant de céder face à l’insistance de l’islamologue. Elle le rejoint, le soir, dans un hôtel de la rive droite. Elle refuse de monter dans sa chambre, ils se voient donc dans la salle à manger. Les deux discutent cordialement. Ramadan avoue à cette femme qu’il pense qu’elle travaille pour les Renseignements généraux (RG) français. La soirée bascule lorsque Tariq Ramadan demande du matériel de repassage à une employée de l’hôtel, en vue d’une apparition à la télévision le lendemain. La quadragénaire l’aide alors à monter ce dispositif dans sa chambre.

Insultes, gifles et viol

Les choses se déroulent alors très vite. Il la bouscule sur le lit, elle se débat, terrifiée. Selon son témoignage, entre insultes et gifles, la femme a été contrainte à subir des actes sexuels pendant des heures. Tariq Ramadan lui explique notamment que «deux catégories de femmes refusent d’embrasser: les prostituées et les espionnes», lui redemandant si elle fait partie des RG. Pétrifiée, elle n’appelle pas les secours, faisant la morte en espérant que son agresseur s’endorme pour s’enfuir. Elle quittera la chambre à 6h30 du matin.

Selon la «Tribune de Genève», la présumée victime a songé à porter plainte, mais a eu trop peur, préférant confier cette nuit à une journaliste romande connaissant l’islamologue. Elle aurait aussi continué de dialoguer avec lui quelques temps, pour comprendre son geste.

Séquelles psychologiques

La plaignante, qui dit garder des séquelles psychologiques, a conservé des copies d’écran qui prouveraient que Ramadan a bien conversé avec elle. Sa motivation à porter plainte si longtemps après serait née à la lecture des témoignages d’autres victimes. Pour l’avocat genevois de Tariq Ramadan, Me Marc Bonnant, «le fait que l’on va connaître l’identité de la plaignante à travers une procédure est une nouveauté que je salue. Cela permettra de se battre contre autre chose que des moulins à vent.»

Me Romain Jordan, avocat de la Suissesse, a confirmé le dépôt d’une plainte pénale. Le Ministère public genevois devra entendre Tariq Ramadan et l’entraide judiciaire internationale pourrait être sollicitée.

Donner une réponse

Please enter your comment!
Please enter your name here